El Hakim ou Le Juge

 

Ce cours a été enseigné par notre Frère AbdelKader lors de nos rencontres hebdomadaires que nous organisons sur Paltalk, un logiciel de chat audio. Cliquez ici pour en savoir plus…  

qu’Allah – Exalté soit-Il – récompense notre frère pour tous ces efforts, amine.


Le législateur ou Juge ( El Hakim )

Le législateur dans la « chari’a » est Allah – Exalté soit-Il – sans aucune divergence entre les savants.

Que Ses lois soient connues par la révélation (wahyi), ou par l’effort d’interprétation (ijtihad). Pour cela nous disons : « L’injonction (el hukm) est la parole d’Allah  concernant les actions des gens responsable. »

 

La preuve en est :


« Le jugement n’appartient qu’à Allah :
Il tranche en toute vérité. Il est le meilleur des juges. »
(Sourate 6. « Al An’am » verset 57)

La divergence entre les savants concerne les moyens de connaître les injonctions d’Allah – Exalté soit-Il – , est-il une obligation d’être soumis à des lois ? L’esprit est-il capable de connaître lui-même les lois et injonctions avant l’apparition d’un messager ?

Ceci est le domaine d’appréciation de l’esprit sur les choses à savoir si elles sont bonnes ou mauvaises.

A ce sujet les savants se sont divisés en trois écoles (madahab) :

  • L’école Ach’arite : fondée par Abou Hassan El Ach’ari :

Son avis est de dire que le bien et le mal sont réglementés par la « chari’a », la raison ne peut pas déterminer la réglementation d’Allah – Exalté soit-Il – référant aux actions des gens responsable, si se n’est par l’intermédiaire des messagers et des livres révélés. Ceci car les raisons divergent grandement sur l’appréciation des actions. Certaines d’entre elles peuvent considérer une action convenable alors que d’autres y voient le contraire. De cette façon tout ce que la législation a ordonnée comme la foi, la prière, le pèlerinage sont du domaine du bien, et tout ce qui fut interdit comme l’incroyance, le vol, la fornication etc. sont considérés comme étant mauvais. Il n’est pas permis de dire que ce que la raison considère comme étant bon, est bon chez Allah – Exalté soit-Il -, et que son accomplissement doit être demandé, et ce que l’esprit considère étant mauvais, est mauvais aussi chez Allah – Exalté soit-Il -, et qu’il faut le délaisser, et que son accomplissement nécessite une punition.

A partir de là l’homme doit accomplir ou s’abstenir seulement si un message lui fut transmit par un Prophète ou bien qu’il est reçu une législation divine, il n’y a ni récompense et ni punition en cas d’absence de message ou de législation divine. Si une personne vivant de façon isolée n’a reçu aucun message il n’est pas responsable et de ce fait, il est sauvé.

 

« Ahlou el fatra » : Il s’agit d’une génération qui se situe entre deux messagers, ils sont sauvés est considérés irresponsable (ghayrou moukalaf). Il ne nécessite aucune récompense ou punition, et ceci conformément aux paroles d’Allah – Exalté soit-Il – :

« Et nous n’avons jamais punis un peuple
avant de lui avoir envoyé un messager. »
(Sourate 17. « el isra » verset 15)

  • L’école des Mou’tazilites : fondée par Wasil ibn ‘Ata et ‘Omar ibn ‘Ubayd :

Leurs avis est que le bien et le mal peuvent être déterminés par la raison, il est donc possible de déterminer les injonctions d’Allah  par la conscience sans l’intermédiaire de messager ou de livre. Et cela en se basant sur les caractéristiques des actions qui sont soit bonnes soit mauvaises. Ce que l’esprit considère bien, alors ceci est demandé par Allah  et l’accomplissement implique une récompense, et ce que l’esprit considère mal, il est une obligation de s’en écarter et celui l’accomplissant nécessite une punition.

De ce fait tout ceux qui n’ont pas reçu de message, sont responsables par ce que leur raison leur indique. Donc ils doivent accomplir ce que la raison considère de bien, et ils doivent s’écarter de ce que la raison considère comme étant mauvais. Car toute conscience connaît le bien fondé du respect du dépôt etc. Et il peut déterminer l’infamie du mensonge etc.

  • L’école des Maturidite : fondée par Abou Mansour el Matouridi, ainsi que des imams hanafites :

Le bien et le mal peuvent être déterminés par la raison, ils ne sont pas déterminés seulement par la législation, et ceci en estimant les conséquences des actions. Ce que la raison saine estime bien alors ceci est bien, et ce qu’elle estime mauvais, alors ceci est mal. Par contre la législation d’Allah – Exalté soit-Il – ne doit pas être fondée sur l’appréciation de la raison concernant la détermination du bien et du mal, car la raison peut se tromper.

Il s’agit là de l’avis intermédiaire, sensé et juste, la raison peut déterminer les bonnes actions de par les conséquences bienfaisantes qui en découlent, comme elle peut déceler les mauvaises du fait de la nuisance qui en découle. De ce fait la conscience de la personne ne peut-être responsable que part l’entremise d’une chari’a.

La raison de cette divergence entre ces différentes écoles concerne principalement les populations qui ne reçurent pas de chari’a. Par contre ceux qui furent l’objet d’une révélation alors la détermination du bien et du mal se fait par la législation révélée et non pas par ce que leur raison décrète, de ce fait ce que la législation a ordonné et bien, et ce qu’elle a interdit est mal.

 

  • Al Mahkoum Fihi
Définition :

Il s’agit de l’action demandée au responsable, définie par les paroles d’Allah – Exalté soit-Il -, quelle soit inconditionnée, conditionnée, ou de choix.

Tel que les paroles d’Allah – Exalté soit-Il – :

« Accomplissez la prière ».

( Sourate 2. la Vache « El Baqarah » verset 43 )


On y décèle la confirmation de la réalisation d’une action obligatoire qui est l’accomplissement de la prière.

Comme aussi :


« Ne tuez pas l’âme »
( Sourate 6. « Al-an’am » verset 151 )


Il s’agit d’une affirmation interdisant une action qui est le meurtre.

Aussi :


« Et ne vous tournez pas vers ce qui est vil pour en faire dépense. »
( Sourate 2. « el baqara » verset 267 )

Ce verset fait allusion à l’interdiction (déconseillée), de faire un don avec de l’argent acquit illégalement.

Aussi :


« Une fois la prière terminée éparpillez-vous sur terre. »
( Sourate 62. « el joumou’a » verset 10 )

Nous décelons dans ce verset une autorisation liée à l’éparpillement sur terre qui concerne la personne responsable.

Aussi :

« Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage, devra jeûner un nombre égal d’autres jours. » ( Sourate 2. « el baqara » verset 184 )

Le verset coranique fait allusion à deux caractéristiques qui sont la maladie et le voyage, qui furent considérées toutes deux raisons réglementaires pour se nourrir en période de jeûne.

L’action demandée et réglementée (mahkum fihi) en rapport avec l’injonction inconditionnée (hukm taklifi), ne peut-être qu’une action connue et déterminée par le responsable, elle peut être soit obligatoire, conseillée, interdite, déconseillée, ou autorisée. Pour cela nous disons :

« Pas d’obligation ou d’imposition si ce n’est par une action déterminée. C’est-à-dire la réglementation légale ne peut être rattachée qu’à une action accomplie par le responsable ».

  • Les conditions de l’action demandée et réglementée :

Trois conditions sont nécessaires pour la validité de l’application de l’action réglementée :

L’action demandée doit être connue intégralement afin de pouvoir l’appliquer. De ce fait l’homme ne peut-être responsabilisé pour la prière tant qu’il ne connaît pas ses piliers, ses conditions d’application. Car l’ordre coranique concernant la prière n’est pas détaillé :


« Accomplissez la prière ».
( Sourate 2. « el baqara » verset 43 )

L’injonction qui est inapplicable  en l’état doit être détaillée par le Prophète- que la Paix et le Salut soient sur lui – , il dit à cet effet :

« Priez comme vous m’avez vu prier ».

Et de la même façon toutes les obligations telles que la zakat, le jeûne, le pèlerinage, etc. Toutes les références coraniques à leurs sujet sont sans explication détaillée. L’explication fut la mission du Prophète- que la Paix et le Salut soient sur lui – , comme le dit Allah – Exalté soit-Il – :

« Et vers toi nous avons fait descendre le Coran, pour que tu exposes clairement aux gens ce qu’on a fait descendre pour eux et afin qu’ils réfléchissent. »( Sourate 16. « An-nahal » verset 44 )


La connaissance du texte ne suffit pas pour l’exécution de l’action réglementée, mais il faut aussi que la personne responsable soit en capacité d’apprendre, et de connaître les conditions d’application de l’ordre émanant du texte.

Avoir connaissance que l’action demandée est un ordre divin, afin quelle soit considérée comme étant une obéissance à Allah- Exalté soit-Il – . La aussi il s’agit de connaître la description de la demande, et non pas la connaissance de l’ordre seulement.

Que l’accomplissement de l’action demandée soit possible, l’homme doit être dans la capacité d’accomplir ou d’abandonner l’action décrite. Cette condition est elle-même conditionnée par trois spécificités :

  •        Accomplir l’impossible n’est pas légal, qu’il s’agisse d’un acte impossible lui-même ou conditionné par un autre. La première catégorie s’agit de ce que la raison ne peut considérer comme existant, tel que le rassemblement de deux choses opposées, ou bien l’obtention de deux choses contradictoires en même temps. Comme obliger et interdire en même temps et à une même personne. L’impossible lié à autre : Il s’agit de ce que la raison accepte l’existence, mais qui n’est pas coutumier en ce qui concerne l’application. Comme voler dans les airs sans avion, ou bien créer (qui est une propriété divine), ou alors porter une montagne. Ce que la raison ou la coutume ne peuvent accepter il est impossible que l’homme puisse l’appliquer. Car ceci est en dehors de sa capacité, alors que l’imposition d’un ordre est conditionnée par la possibilité de l’exécution.
  •        La législation ne peut pas demander à une personne d’exécuter les obligations d’un tiers, ou de s’abstenir à la place d’un autre. Car ceci n’est pas possible, il s’agit d’une responsabilité qu’on ne peut supporter. On ne peut demander à une personne de prier pour son frère, ou de payer la zakat pour son père, ou d’interdire son voisin de voler. Il doit seulement conseiller le bien et interdire le blâmable.
  •        La législation ne peut pas demander à la personne d’acquérir des caractéristiques naturelles qui sont prédestinées pour lesquelles il n’y a pas de choix. Tel que les rougeurs causées par la timidité, la peur, la joie, l’animosité (l’aversion), l’amour, la soif, la faim, etc. Car toutes ces caractéristiques ne sont pas le choix de la personne, elles sont en dehors de sa capacité. Si un texte dans son apparence laisse penser qu’il s’agit d’un ordre qui demande l’application d’une de ces caractéristiques précédemment citées, il ne doit pas être interprété littéralement, mais la responsabilité concerne un autre élément qui découle du texte, tel que les paroles d’Allah- Exalté soit-Il – :

« Et ne mourrez quand état de soumissions »
( Sourate 3. « Ali ‘imran » verset 102 )

Ce verset exprime l’exhortation à s’attacher solidement à l’islam. Ainsi que :

« Afin que vous ne vous tourmentiez pas au sujet de ce qui vous a échappé, ni n’exultiez pour ce qu’Il vous a donné. Et Allah n’aime point tout présomptueux plein de gloriole. »( Sourate 57. Le fer « El hadid » verset 23 )

Ce texte interdit la colère extrême en cas de douleur, et l’orgueil et la vanité lors des moments de joie. Ainsi que le hadith suivant :

« Ne te mets pas en colère ».

Ce texte ne concerne pas l’interdiction de la colère, car il s’agit d’un caractère naturel qui n’est pas sous l’autorité de l’homme. Le but visé est l’exhortation à s’éloigner des causes provoquant la colère et la maîtrise de soi-même dans les moments de colère et à renoncer à la vengeance. Ainsi que le hadith :

« Sois le serviteur d’Allah tué,
et ne sois pas le serviteur d’Allah assassin. »

Le but visé par ce hadith est l’interdiction de l’injustice et non pas le fait de se faire tuer par quelqu’un d’autre.

La responsabilité concernant les actions difficiles :

L’absence de difficulté dans une action ordonnée n’est pas une condition pour son exécution. Car il n’y à aucune contradiction entre l’ordre et la difficulté, car toutes responsabilités détiennent une part de difficulté. Par contre Allah – Exalté soit-Il – a voulu pour nous la facilité, et a levé la gêne difficilement supportable.

La difficulté se décompose en deux parties :

  •      La difficulté coutumière.
  •      La difficulté non coutumière.
  •   La difficulté coutumière :

Il s’agit de la difficulté que l’homme peut supporter sans conséquence néfaste. Cette difficulté ne fut pas ôtée par le Législateur. Car l’ordre peut contenir des difficultés ou dérangements qui sont supportables.

La difficulté contenue dans l’action réglementée n’est pas l’objectif visé par le Législateur. Ce qui est visé sont les bienfaits qui en découlent. Dans la prescription du jeûne ce ne sont pas les douleurs ressenties par la faim, la soif qui sont visées mais la purification de l’âme, ainsi que le développement du caractère de la miséricorde.

De ce fait la difficulté n’étant pas visée, il n’est donc pas autorisé de désirer les contraintes ou d’en rajouter.

Quiconque délaisse un chemin serein et sur, pour se rendre à la mosquée, et emprunte un chemin difficile semé d’embûches, en espérant de ce fait être rétribué par Allah – Exalté soit-Il -, est dans l’erreur et nulle récompense ne lui sera accordée.

  • La difficulté non coutumière :

Il s’agit de la difficulté que l’homme ne peut supporter, qui nuit à la santé et à la continuité de la vie. Ceci n’est pas légiféré, car Allah – Exalté soit-Il – n’a pas voulu que nous sombrions dans la difficulté et le désoeuvrement, comme le jeûne perpétuel (sawm el wissal), ou la prière de la nuit quotidienne, ou alors partir au pèlerinage à pied, et ceci conformément aux paroles d’Allah- Exalté soit-Il – :

« Et Il ne veut pas la difficulté pour vous »
( Sourate 22. Le Pèlerinage « El haj » verset 78 )

ou

« Allah veut pour vous la facilité,
il ne veut pas la difficulté pour vous »
( Sourate 2. La Vache « El baqara » verset 185 )

Ou

« Allah veut vous alléger (les obligations), car l’homme a été créé faible ».
( Sourate 4. Les Femmes « Annissa » verset 28 )

Ainsi que le hadith suivant :

« Le Prophète- que la Paix et le Salut soient sur lui – a toujours choisi entre deux possibilités ce qui était le plus facile s’il n’était pas illicite. »

Ainsi que du fait d’avoir légiféré des exceptions, telles que le raccourcissement des prières, se nourrir durant le mois de ramadan en cas de voyage et de maladie, etc.

Si cette difficulté est dans l’action demandée, Allah- Exalté soit-Il – l’a certes ôté grâce aux exceptions légiférées, et Il a incité a les appliquer, comme le dit le Prophète – que la Paix et le Salut soient sur lui –  :

« Allah aime qu’on applique Ses exceptions, comme Il aime qu’on exécute nos devoirs prescrits. »

Si la difficulté n’est pas dans l’action elle-même, mais la personne responsable l’exécute lui-même par sa propre volonté, Allah- Exalté soit-Il – a certes interdit cela.

Les hadiths relatant les récompenses proportionnelles à la pénibilité d’un acheminement vers la mosquée, ne concernent pas la difficulté elle-même, mais l’incitation à aller à la mosquée et faire preuve de patience face aux difficultés rencontrées ce qui décuple les  récompense.

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