INTRODUCTION

 

INTRODUCTION

Louange à Allah  – Exalté soit-Il -et que la prière et le salut soient sur le serviteur d’Allah et Son Messager, Mohammed – que la Paix et le Salut soient sur lui – , sur sa famille et ses compagnons. Ensuite :

Je ne peux, certes, faire preuve de neutralité, dans mes écrits sur la personne la plus aimée de mon coeur, à savoir Mohammed le Messager d’Allah– que la Paix et le Salut soient sur lui – .En effet, je n’écris pas sur un leader politique qui a présenté à son peuple sa thèse politique et a proposé à ses partisans ses idées afin d’établir un État dans une des contrées de la terre; non, j’écris sur le Messager du Dieu de l’univers, envoyé comme miséricorde pour tous les hommes.

Non je ne peux faire preuve de neutralité en écrivant sur lui, car je n’écris pas sur un calife parmi les califes, qui a des soldats et des bannières ainsi que des concentrations de troupes; un calife qui a des tonnes et des tonnes d’or et d’argent ainsi que des chevaux impétueux, des bestiaux et des plantations; non, j’écris sur la miséricorde qui guide sur le droit chemin et sur le bienfait généreux, à savoir Mohammed– que la Paix et le Salut soient sur lui -.

Non, je ne peux faire preuve de neutralité, car je n’écris pas sur un monarque parmi les monarques, qui a soumis les gens par son épée et le fouet et leur a fait peur avec son pouvoir, son joug et son sceptre; non, j’écris sur un homme infaillible à qui Allah a ouvert la poitrine, qu’Il a débarrassé du péché et dont Il a exalté la renommé.

Non, je ne ferai pas preuve de neutralité, car je n’écris pas sur un poète prolixe, sur un orateur loquace, sur un philosophe passionné, sur un romancier à l’imagination fertile, sur un écrivain prétentieux ou sur un commerçant fortuné; non, j’écris sur le dernier des prophètes; un prophète sur qui est descendue la révélation, à qui est venu Gabriel et qui est monté jusqu’au lotus de la limite. Il possède la grande intercession, la place éminente, le vasque (Hawdh) dans lequel viendront boire les croyants le Jour de la Résurrection, la station digne d’éloges et l’emblème noué; comment puis-je donc garder la neutralité ?

Vous voulez que je maîtrise mes sentiments, que je contienne mes penchants et que j’empêche mon coeur de battre en écrivant sur le plus aimé des hommes pour mon coeur et le plus cher et plus noble pour mon âme ? Ceci est inconcevable !

Vous voulez de moi que je contiens mes larmes, tandis que j’écris sur sa vie, que je maîtrise les flammes de mon âme, tandis que je rapporte ses faits et gestes et que fasse refroidir les palpitations de mon coeur, tandis que j’embellisse ses souvenirs ? Non je ne pourrais le faire ! ; non et mille fois non.

Car j’écris sur un exemple et un guide qui est avec moi avec sa guidance dans toutes les choses de la vie. Lorsque je prie, je me remémore son souvenir, car il nous a dit :

« Priez comme vous me voyez prier »
[ Rapporté par El-Bukhâri d’après Mâlek Ibn El Huwaïrith ]

 

Lorsque je fais le pèlerinage, je me remémore son souvenir, car il nous a dit :

« Prenez de moi vos rites ».
[ Rapporté par Muslim d’après Djâber Ibn ‘Abdullah ]

 

A chaque clin d’oeil, je me remémore son souvenir, car il nous a dit :

« Celui qui se détourne de ma sunna (ligne de conduite)
n’est pas des miens »
[ Rapporté par El-Bukhâri et Muslim d’après Anas Ibn Mâlek ]

A tout instant de ma vie, je me remémore son souvenir, car Allah – Exalté soit-Il -nous a dit :

En effet, vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment.[Sourate 33: Les coalisès (Al-Ahzab)verset 21]

J’écris sur le plus précieux des hommes; le plus honorable parmi les gens, le meilleur des êtres et la plus pure des créatures dans l’univers. Ma référence en ce sens est le registre d’amour gardé dans mon coeur et ma source en cela est le registre d’admiration gravé dans ma mémoire. C’est comme si j’écrivais avec les nerfs de mon corps et avec les artères de mon coeur; et c’est comme si mon encre était formée de mon sang et de mes larmes.

 

Son Nom, Son Origine,

Son Pays, Son Enfance…

 

Son Nom…

Mohammed- que la Paix et le Salut soient sur lui – ,un nom qui illustre parfaitement la personnalité de celui qui le porte; un emblème sur un symbole et une qualification d’un guide; il a réuni en lui toutes les éloges et a obtenu toutes les noblesses; il a accaparé toutes les vertus morales, il s’est distingué par la prééminence et il est le seul à constituer un modèle idéal.

II est loué auprès d’Allah – Exalté soit-Il -car il est Son Envoyé infaillible, son Prophète qui a clos le cycle prophétique, Son serviteur vertueux, Son élu parmi ses créatures et Son ami parmi les habitants de la terre. Il est aussi loué parmi les gens, car il est proche des coeurs, cher aux âmes, il est une miséricorde guidante et un bienfait généreux. Il est honoré là où il se trouve; il est entouré de la protection divine là où il sera; il est comblé d’égards là où il va et là où il met les pieds; ses dispositions naturelles sont louées car elles ont été éduquées par la révélation, et son caractère est ennobli car il a été poli par la prophétie.

Allah- Exalté soit-Il -est loué et Son Messager- que la Paix et le Salut soient sur lui -est digne d’éloges :

« Il lui a attribué une portion de Son nom afin qu’il soit vénéré;
Le possesseur du Trône est loué et lui est le digne d’éloges »

Il s’appelleAhmed (le loué) ;Jésus ( Issa )- que la Paix soit sur lui – a annoncé sa venue à son peuple; il s’appelle aussi«El-‘Akib» (celui qui vient après) ,«El-Hâchir» (celui qui rassemble les gens)et« El Mâhî» (celui qui efface) .Il est le sceau des messagers et le meilleur des prophètes; il est leur orateur lorsqu’ils sont réunis et leur guide lorsqu’ils sont rassemblés.

Il est le possesseur duHawdh (le vasque dans lequel boiront les bienheureux) ,de l’étendard victorieux et du rang éminent; il est aussi le possesseur de la noblesse et de l’auréole; il est celui qui est cité dans la Thora et l’Évangile, l’assisté de Gabriel- que la Paix soit sur lui – ,le porteur de l’étendard de la gloire au sein des enfants de Louaï et de la place éminente au sein des ‘Abd Manâf Banû Quçaï . Il est le meilleur que le coeur ait évoqué; il est l’élite des cités et des campagnes; il est le plus considéré des réformateurs et des guides. Il a un rang éminent; il est celui dont la poitrine a été dilatée; celui dont l’énonciation du nom est sublimée; celui dont le commandement est majeur; celui dont la reconnaissance vis-à-vis d’Allah- Exalté soit-Il –  est constante; celui dont la victoire était assurée; celui qui est préservé des péchés; celui qui est honoré en tout temps et célèbre en tous lieux; dans la dignité du temps, la prodigalité de la mer et la générosité de la pluie .

Que les prières et les salutations d’Allah soient sur lui, sur sa famille et ses compagnons tant que les étoiles apparaissent, que les oiseaux chantent, tant que la brise se lève le matin et tant que les voyageurs se déplaceront la nuit et le jour.

Quant à son origine…

Le Messager d’Allah- que la Paix et le Salut soient sur lui –  est l’élu parmi les élus ; à sa parenté, remontent tous les nobles; il est issu d’une noble extraction; ses parents étaient les maîtres des gens et ses ancêtres les chefs des tribus; ils ont réuni toutes les vertus transmises de père en fils et ont accaparé toutes les choses nobles; tu ne trouveras, pas, en effet, dans les caractéristiques de ‘Abd El-Muttalib plus illustre que lui, ni dans le siècle de Hâchem plus noble que lui, ni dans les contemporains des ‘Abd Manâf plus généreux qu’eux ni dans l’avant-garde de Quçaï plus glorieux que lui. Et ainsi de suite… jusqu’à Adam- que la Paix soit sur lui – .Il estle maître issu d’un maître qui transmet la noblesse de père en fils:

«Une généalogie auréolée de la lumière du soleil de la matinée;
et dont l’aube naissante constitue le pylône».

Quant à son pays…

Allah- Exalté soit-Il -lui a choisi, d’entre les contrées de la terre et ses différents pays, le pays qui Lui est le plus cher  – Exalté soit-Il -; c’est le pays sacré, la terre sainte et le territoire entouré de la protection divine;il est né à la Mecque ,là où les prophètes avaient prié, là où les messagers avaient veillé en adoration, là où la révélation est descendue, là où la lumière s’est levée, là où le message coranique a rayonné, là où la prophétie a resplendi, là où sont apparues les premières lueurs de la mission prophétique, là où se trouve la Maison antique (la Ka’ba), le pacte solide et l’amour profond.La Mecque est le lieu de naissance du Prophète infaillibleet c’est là qu’il a passé son enfance, son adolescence, sa jeunesse et où il s’est familiarisé avec les gens.

     C’est là, en effet, qu’il a allaité le lait de la pureté qu’il s’est abreuvé de l’eau de la noblesse; c’est là qu’il est monté par degrés dans les sphères de la prophétie; c’est là qu’il est entré et est sorti; c’est là, en bref, qu’était sa première patrie, la patrie qui lui était chère au coeur et qui faisait palpiter son âme.. C’est à la Mecque qu’il commença sa grande épopée, qu’il prêcha son sublime appel, qu’il proclama à l’adresse de l’humanité son discours sincère et intense et qu’il envoya aux habitants de la terre son message étincelant et resplendissant. Son amour de cette ville était tel, que lorsqu’il en fut expulsé, il lui fit un adieu de fidèle, et il la quitta, sans pouvoir supporter cette séparation.


Non!… Je jure par cette cité !


Et toi, tu es résident dans cette cité.
[ Sourate 90 : La cité (Al-Balad) Verset 1 – 2 ]

Mohammed enfant…

La pureté est née avec lui, la joie l’a accompagné et la réussite fut toujours de son côté. Il est un enfant mais pas comme les autres enfants; une innocence dans la noblesse, une intelligence avec la vertu, une perspicacité avec une Divine protection;l’oeil de la protection divine l’observait ,la main de la préservation l’assistait et les branches de l’autorité (divine) le protégeaient. Il était un halo de lumière parmi les enfants, et Allah- Exalté soit-Il -l’a protégé de la bêtise et de tous les vices. Et comment en sera-t-il autrement alors que, depuis son enfance, il était élu et choisi pour réformer le monde, pour faire le bonheur de l’humanitéet pour faire sortir les hommes des ténèbres vers la lumière ;il est un homme mais un prophète; un être humain mais un Messager d’Allah ; un serviteur mais un infaillible. Mohammed- que la Paix et le Salut soient sur lui -n’était pas seulement un leader, car les leaders sont nombreux comme les cheveux de la tête et ils ont des ambitions et des desseins pour le leadership et le pouvoir de ce bas monde; quant à lui, il fut un vertueux et un réformateur; un homme bien-guidé et qui guide sur le droit chemin. Il a, avec lui,un Livre le Coran et une ligne de conduite (la sunna) ,une lumière et une guidance, une science utile et des oeuvres pieuses. Il est venu pour l’intérêt de ce bas monde et de l’autre et pour le bonheur de l’âme et du corps.

Mohammed n’était pas seulement un savant, mais il donne, avec la permission d’Allah- Exalté soit-Il – ,des leçons aux savants, il apprends aux érudits encore plus de subtilités dans l’interprétation des choses, il oriente les prêcheurs et guide les sages; en un mot, il montre le droit chemin aux hommes.


Et tu guides les gens vers le droit chemin.
[ Sourate 42 : La consultation (Achoura) verset 52 ]

Tous ont cherché à puiser à l’océan de la science de l’Envoyé d’Allah- que la Paix et le Salut soient sur lui – ;ou à boire de la pluie incessante de sa bonté.

En outre, Mohammed- que la Paix et le Salut soient sur lui -n’était pas un roi qui cherchait à asseoir son pouvoir et à déployer ses soldats et ses hommes; il était un imâm (guide) infaillible et un prophète-messager; il était un annonciateur de bonne nouvelle et de mise en garde à tout roi ou sujet, tout homme libre ou esclave, tout riche ou pauvre, tout blanc ou noir et tout arabe ou non-arabe.


” Nous ne t’avons envoyé que par miséricorde pour l’humanité ”
[ Sourate 21 : Les prophètes (Al-Anbiya) verset 107 ]

Quant à lui, il a dit- que la Paix et le Salut soient sur lui – :

« Par Celui qui tient mon âme en Sa main, il n’y a pas d’homme au sein de cette communauté, ni parmi les juifs ou les chrétiens, qui n’entende parler de moi, puis meurt sans avoir cru en ce avec quoi j’ai été envoyé, sans qu’il ne soit parmi les habitants de l’Enfer »Rapporté par Muslim d’après Abu Hurayra.

Quant à sa jeunesse, elle fut la plus belle et la plus sublime des jeunesses; elle ne fut que chasteté, virilité, raison, intégrité et éloquence. Il n’a jamais proféré un seul mensonge et on ne lui connaît aucun péché ni aucun défaut; il était pur dans son aspect extérieur et intérieur, vertueux dans son comportement, respecté et vénéré parmi les siens; sa morale était élevée, son caractère sublime, sa logique sincère, et ses qualités vertueuses. En dépit de leur intense animosité et de leur profonde hostilité, ses ennemis n’ont jamais pu lui attribuer une faute ou un faux pas; bien plus, ils n’ont jamais pu déceler dans le dossier de sa moralité quelque chose de répréhensible. Bien au contraire, ils ont trouvé, par la grâce d’Allah, tout ce qui les irrite comme noblesse d’âme et pureté du comportement; ils ont trouvé la sincérité qui resplendit comme l’éclat du soleil; ils ont trouvé la pureté qui purifie jusqu’à l’eau pure qui descend des nuages; il était la vertu incarnée et la chasteté incarnée; dans sa jeunesse, il était le dépositaire de la probité, la référence des opinions, l’arbitre des différends et le modèle de la vertu, de la distinction, de la guidance et de l’éloquence.


” Tu es d’un caractère sublime. ”
[ Sourate 68 : La plume (Al-Qalam) verset 4 ]

Mohammed Messager d’Allah,

Sa Religion, son Livre…

 

Mohammed Messager d’Allah…

Il est la grande nouvelle, l’extraordinaire événement, le fait considérable et l’affaire importante :


Sur quoi s’interrogent-ils mutuellement ?

Sur la grande nouvelle,

à propos de laquelle ils divergent
[ Sourate 78 : La nouvelle (An-Naba) verset 1 à 3 ]

En effet, son envoi est réellement la plus grande des nouvelles et le plus considérable des faits; l’histoire en a fait un de ses tournants les plus importants et les jours se sont arrêtés à sa survenance. L’histoire de son envoi – que la Paix et le Salut soient sur lui – est dépourvue, certes, de toute obscurité, n’est couverte d’aucun voile épais et n’est assombrie par aucun nuage; bien au contraire, c’est une histoire qui a traversé les mers et parcouru les déserts, en descendant vers ce monde comme une pluie salvatrice et en brillant comme le soleil à son zénith; il est, en quelques mots, comme la lumière; or, peut-on cacher la lumière ?

Ils veulent éteindre de leurs bouches la lumière d’Allah,
alors qu’Allah parachèvera Sa lumière en dépit de l’aversion des associateurs.
[ Sourate 61 : Le rang (As-Saff) verset 8 ]

Dans un hadith authentique, il a dit lui-même :

« L’exemple de ce qu’Allah m’a envoyé avec la guidance et la science, ressemble à la pluie salvatrice »Rapporté par El-Bukhâri (79) et Muslim (2282) d’après Abû Mussa El-Ach’ari.

Le Prophète – que la Paix et le Salut soient sur lui – a été envoyé afin qu’Allah soit adoré, seul, sans associé; il a été envoyé afin que l’unicité d’Allah soit proclamée et afin qu’on dise sur terre :

Il n’y a de dieu qu’Allah et Mohammed est l’Envoyé d’Allah.

il a été envoyé afin qu’il fasse triompher la vérité et disparaître le mensonge; il a été envoyé avec la preuve immaculée, la doctrine sublime et la législation bienveillante; il a été envoyé avec la justice et la bienveillance, de même qu’avec la préservation des liens de parenté; il a été envoyé avec le bien, la paix, la piété, l’amour, le bonheur, le salut, la sécurité et la foi; il a été envoyé avec la pureté, la prière, la Zakât, le jeûne, le pèlerinage, le djihâd, le commandement du convenable et l’interdiction du blâmable; il a été envoyé avec les valeurs les plus élevées, les vertus les plus sublimes et les qualités les plus admirables; il a été envoyé pour confondre le polythéisme, détruire l’idolâtrie, chasser l’ignorance, combattre l’injustice, faire disparaître le mensonge et expulser la débauche. Il n’y a pas de vertu qu’il n’ait recommandé et de vice qu’il n’ait déconseillé.

Quant à sa morale, c’est le Très Haut, Lui-même, qui l’avait éduqué et avait parfait son éducation. Il est le meilleur des hommes dans son comportement, le plus sincère dans ses paroles, le plus juste dans ses jugements, le plus pur dans ses intentions, le plus vertueux dans ses dispositions naturelles, le plus généreux à l’égard des gens, le plus large d’esprit, le plus pur de coeur, le plus pieux à l’égard d’Allah – Exalté soit-Il – , le plus soumis à Sa volonté, le plus respectueux des liens de parenté, le plus honorable de par son origine, le plus noble de par sa lignée, le plus courageux d’entre eux et le plus tranchant dans ses arguments; il est le meilleur d’entre eux de par sa personne, son origine, sa morale et sa religion.

Il est sublime dans ses caractéristiques et resplendissant dans son physique; il est proche des coeurs et aimé des âmes; il est d’un naturel facile et d’un comportement tolérant; il est rehaussé par une grâce et accompagné par une majesté; sur son visage resplendit la lumière de la prophétie et de sa bouche sort le sourire de l’amour; il a le coeur vivant, l’esprit éveillé et l’avis judicieux; les gens se réjouissent de sa compagnie, les compagnons se délectent avec lui et les amis se sentent à l’aise en face de lui; il aime le bon augure et déteste le mauvais présage; il pardonne et passe sous silence les torts; il donne et accorde généreusement; il est plus généreux que les vents fécondateurs, plus libéral que la pluie abondante et plus resplendissant que la lune dans sa plénitude; il a dépassé tous les gens par ses vertus, a cerné les hommes par sa générosité et réjoui l’humanité par son message; celui qui le voit l’aime tout de suite, celui qui le connaît le respecte et celui qui fait partie de son entourage le vénère; ses paroles touchent les coeurs et ses dispositions naturelles captivent les âmes.

Allah – Exalté soit-Il – a fixé son coeur sur la vérité de sorte qu’il ne dévie jamais de cette voie; Il a affermi ses paroles de sorte qu’il ne fasse jamais fait preuve d’ignorance; Il a préservé ses yeux de sorte qu’il ne trahisse jamais; Il a fortifié sa langue de sorte qu’il ne trébuche jamais; Il a veillé sur sa religion de sorte qu’il ne s’égare jamais et Il a pris en charge ses affaires de sorte qu’il ne se perde jamais. Il est donc assisté, préservé, honoré et ennobli.


Tu es, certes, d’un caractère sublime
[ Sourate 68 : La plume (Al-Qalam) verset 4 ]


C’est par une miséricorde de la part d’Allah
que tu (Mohammed) as été doux envers eux
[ Sourate 3 : La famille d’Imran (Al-Imran) verset 159 ]

II a dit :

« Je suis le plus pieux et le plus connaissant d’Allah parmi vous »

Il a dit aussi :

« Les meilleurs d’entre vous sont les meilleurs avec leurs épouses; et moi je suis le meilleur d’entre vous avec mes épouses »

On rapporte qu’il a dit également :

« J’ai été envoyé pour parfaire les bonnes vertus de la morale »

Loué soit Celui qui l’a choisi et l’a élu, qui a pris en charge son éducation et a veillé sur lui en le préservant de tous les malheurs et en l’éprouvant avec toutes les épreuves de bien.

Quant à Sa Religion…

Il s’agit de l’Islam, la religion de la nature innée, la religion médiane et la religion du salut et de la délivrance, la plus aimée des religions aux yeux d’Allah – Exalté soit-Il – :


Et quiconque désire une religion autre que l’Islam, ne sera point agréé,
et il sera, dans l’au-delà, parmi les perdants.
[ Sourate 3 : La famille d’Imran (Al-Imran) verset 85 ]

C’est une religion qui est venue pour débarrasser la Oumma de ses chaînes et de ses carcans; elle est facile et aisée, universelle et globale, parfaite et complète:

” Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et j’agrée l’Islam comme religion pour vous”[ Sourate 5 : La table servie(Al-Maidah) verset 3 ]

C’est une religion qui est venue pour faire sortir les gens de l’adoration des serviteurs vers l’adoration du Seigneur des serviteurs, de l’étroitesse de ce bas monde vers l’aisance de l’au-delà, des ténèbres du polythéisme vers la lumière de l’unicité et de la souffrance de l’incroyance vers la félicité de la foi.

C’est une religion valable en tous temps et en tous lieux qui a été établie par Celui qui pardonne les péchés et Celui qui connaît les secrets et ce qui est caché, le Connaissant de ce que l’homme montre ou garde secret.

C’est la religion médiane qui est venue avec la science utile et les oeuvres pieuses, contrairement à ceux que les juifs faisaient, avant sa venue, car ils avaient une science utile mais ils l’ont délaissée, et Allah – Exalté soit-Il – s’est mis en colère contre eux, et contrairement à ce que les chrétiens faisaient, car ils avaient les oeuvres pieuses sans la science, et ils s’étaient égarés du droit chemin. La religion islamique est donc le chemin de ceux à qui Allah – Exalté soit-Il – a comblés de Ses faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Sa colère ni des égarés.

Le Messager d’Allah – que la Paix et le Salut soient sur lui – a été envoyé en tant que prophète illettré parmi des gens sans Livre à qui il récite les versets d’Allah, qu’il purifie des péchés et à qui il apprend le Livre (le Coran) et la sagesse, alors qu’ils étaient auparavant parmi les égarés. Cette religion est venue donc et a interdit le mensonge dans les paroles et le faux témoignage, l’injustice et les abus de pouvoir, la fraude dans la balance et la mesure, la tyrannie et les agressions contre les gens de même que les torts envers soi-même et les autres; elle a protégé le coeur par la foi, le corps par les moyens de la guérison, les biens et les richesses, du gaspillage, l’honneur, de la diffamation, le sang, de l’effusion, et la raison, de la perte et des altérations.

Quant à son Livre…

Il s’agit du Coran, le meilleur des Livres Saints, le plus noble des testaments, le plus préférable des récits et la meilleure des paroles. Il est la vérité incontestable que le mensonge ne peut atteindre ni par devant ni par derrière, une révélation du Sage et du Loué; un Livre dont les versets ont été détaillés (et clairement exposés), béni dans sa récitation, sa méditation, la guérison avec ses versets, la référence à ses jugements et leur application. Chacune de ses lettres vaut dix bonnes actions; il est un intercesseur qui intercède pour les croyants, un témoin sincère, un confident agréable, un compagnon de veillée utile, un compagnon fidèle, un miracle qui fait autorité; il possède une saveur et est auréolé d’un charme, il dépasse toute chose et rien ne le dépasse; ce n’est ni de la magie, ni de la poésie, ni de la divination ni une parole humaine; il est plutôt la parole d’Allah – Exalté soit-Il – ; de Lui il provient, et à Lui il reviendra; l’Esprit Saint l’a fait descendre sur le coeur du Messager du Seigneur des univers afin qu’il soit parmi les Envoyés avec une langue arabe claire; c’est le Livre dont l’éloquence a dépassé l’éloquence de tous les autres Livres, dont la pureté de la langue a transcendé la pureté de tous les autres Livres et dont l’argument et la preuve font autorité sur tous les arguments et les preuves des autres Livres; il est une guidance, une miséricorde, une exhortation et une guérison de ce qu’il y a dans les coeurs, de même qu’il est une lumière, une preuve, une bonne direction, une droiture, un conseil et un enseignement; il est préservé des altérations, gardé des rajouts et des diminutions; il est un miracle éternel, une immunité pour celui qui s’y attache, un salut pour celui qui s’y conforme, un bonheur pour celui qui le prend comme guide, une victoire pour celui qui s’oriente à l’ombre de ses préceptes et une délivrance pour celui qui l’applique dans sa vie. Le Messager de Dieu – que la Paix et le Salut soient sur lui – a dit à propos du le Coran :

« Récitez le Coran car il viendra en intercesseur pour ceux qui le récitent le Jour de la Résurrection »Rapporté par Muslim d’après Abî Umâma El-Bahli.

Il a dit aussi :

« Les meilleurs parmi vous sont ceux qui apprennent le Coran et l’apprennent aux gens »Rapporté par El-Bukhâri (5067) d’après ‘Uthmân.

II a dit également :

« Allah fera élever des gens avec ce Coran et fera abaisser d’autres »Rapporté par Muslim (817) d’après ‘Umar.

C’est le Livre qui a confondu les poètes et fait taire les orateurs; il a vaincu les éloquents et soumis les Arabes spécialistes de cette langue; il a rendu incapables les rhétoriciens, a émerveillé les savants et stupéfait les sages.


Certes, ce Coran guide vers ce qu’il y a de plus droit
[ Sourate 17 : Le voyage nocturne (Al-Isra) verset 9 ]

MOHAMMED

LE COURAGEUX :

Les faits qu’on rapporte, à ce sujet, sont plus clairs que l’apparition du soleil en plein jour; il avait, en effet, le coeur le plus ferme d’entre les hommes; il était comme une montagne inébranlable; il ne craignait ni menace ni intimidation; il n’avait peur ni des obstacles ni des crises et il n’était secoué par aucun événement ou infortune; il a mis ses affaires entre les mains de son Seigneur et a mis sa confiance en Lui; il a accepté Ses décrets, s’est suffi de Son assistance et s’est satisfait de Sa promesse; il dirigeait – que la Paix et le Salut soient sur lui – les batailles, lui-même et luttait avec sa noble personne; il s’exposait aux risques et même à la mort, sans crainte ni peur; il n’a jamais fui lors d’une bataille et n’a jamais reculé d’un pas, même lorsque la bataille atteignait son paroxysme et que la mêlée devenait générale; dans ces moments cruciaux, il était le plus proche, parmi ses compagnons, du danger; il leur arrivait, parfois, de se mettre à couvert, tandis que lui, restait ferme et inébranlable; il ne se laissait nullement impressionner par les ennemis même lorsque leur nombre est important et il ne prêtait aucune attention à l’adversaire même lorsque celui-ci est puissant; bien plus, il alignait les rangs, encourageait les combattants et prenait leur tête.

Le jour de Honeïne, les gens s’enfuirent, et il ne resta que lui avec six autres compagnons, fermes et inébranlables; il reçut alors la révélation:

« Combats donc dans le sentier d’Allah, tu n’es responsable que de toi-même,
et incite les croyants au combat ».
Sourate 4 : Les femmes (An-Nisa’) verset 84.

Sa poitrine était exposée aux épées et aux flèches; les héros se faisaient tuer devant lui et les guerriers se faisaient égorger devant ses yeux, tandis qu’il avait le visage souriant et l’âme apaisée.

Il a même été blessé au visage et ses dents ont été cassées, tandis que soixante dix de ses compagnons ont été tués, mais il n’a jamais faibli ni ne s’est découragé en aucune manière; bien plus, il était plus tranchant qu’une épée. Le jour de Badr, il s’est distingué dans la bataille qu’il a mené lui-même; il a mis sa vie en danger et a frôlé la mort à plusieurs reprises; il était le premier à répondre à l’appel du djihâd; bien plus, c’était lui qui avait institué le djihâd et qui incitait les musulmans à le faire.

Le jour d’El-Khandaq, les clans se sont coalisés contre lui et l’ont encerclé de tous les côtés; la situation avait atteint alors un seuil critique, les regards étaient troublés et les coeurs remontaient aux gorges; les croyants étaient secoués profondément et on faisait sur Allah  – Exalté soit-Il – toutes sortes de suppositions. Il s’est levé – que la Paix et le Salut soient sur lui – alors et s’est mis à prier et à invoquer son Seigneur jusqu’à ce qu’Il lui apporta Son assistance et qu’Il fit échouer le complot de ses ennemis en leur envoyant une tempête et des soldats invisibles qui les dispersèrent et les firent fuir dans l’humiliation.

Le jour de Badr, les gens dormirent, tandis que lui, resta éveillé, en priant et en invoquant son Seigneur en Le suppliant de leur apporter Son assistance et Son secours. Il était un imâm ô combien courageux et brave! Aucun être humain ne peut atteindre sa force d’endurance et sa bravoure; il est le brave et le héros sans conteste en qui se sont complues les caractéristiques de la bravoure et en qui se sont réalisées les dispositions naturelles du courage et de la ténacité; n’est-ce pas lui qui disait:

« Par Celui qui tient mon âme entre Ses mains, j’aurais voulu mourir au service d’Allah, puis ressusciter et mourir de nouveau… ». Rapporté par El-Bukhâri (36, 2797) et Muslim (1876) d’après Abû Huraïra

MOHAMMED

LE RENONCANT

AUX CHOSES DE CE MONDE  :

Son renoncement venait du fait qu’il était convaincu que ce monde était éphémère et que ses plaisirs étaient peu nombreux, tandis que le monde de l’au-delà est éternel et que sa félicité ne prendra jamais fin. Ce faisant, il a refusé de prendre de ce bas monde plus que la nécessité de manger à sa faim et de boire à sa soif, bien que ce bas monde est venu à lui, offert et embelli. En effet, s’il avait voulu que les montagnes de ce bas monde deviennent de l’or et de l’argent, il aurait été exaucé; mais il a préféré l’ascétisme et le renoncement; il lui arrivait, en effet, de dormir, le ventre vide, et il lui arrivait de passer tout un mois sans que le feu ne s’allume dans sa maison; il lui arrivait, aussi, de passer des journées entières sans trouver des dattes pour assouvir sa faim; il ne s’est jamais rassasié de pain d’orge pendant trois jours consécutifs; il dormait sur une natte de fibres de palmier qui laissait des traces sur ses côtés; il s’attachait une pierre sur le ventre lorsque la faim le tenaillait et il arrivait à ses compagnons de voir se refléter les signes de la faim sur son visage. Sa maison était faite de terre battue; elle était d’égales dimensions et son toit était très bas; en outre, il avait mis son bouclier en gage chez un juif en contrepartie d’une quantité de trente mesures d’orge; il lui arrivait de s’habiller seulement d’une tunique et d’un manteau; ses compagnons lui envoyaient, parfois, de la nourriture, lorsqu’ils savaient qu’il en avait besoin; tout cela, il le faisait pour s’élever au-dessus des passions et des plaisirs de ce bas monde, pour apprendre à son âme à se maîtriser, pour préserver sa religion, pour que sa récompense reste complète auprès de son Seigneur et pour que se concrétise pour lui la promesse de son Seigneur:

« Ton Seigneur t’accordera certes (Ses faveurs), et alors tu seras satisfait ».

Sourate 93 : Le jour montant (Ad-Duha) verset 5.

Il distribuait les biens aux gens sans en prendre un seul dirham; il partageait les chamelles, les vaches et les brebis entre les compagnons, les disciples et ceux dont on voulait gagner les coeurs sans en prendre une seule chamelle, une seule vache ou une seule brebis; bien plus, il disait:

« Si j’avais des biens comme les arbres de Tuhâma,
je les aurais distribués et on ne me trouvera ni avare, ni menteur ni lâche »Rapporté par Mâlek dans le Muwatta (977) et Ettabarâni dans El-Awsat (1864).

« Lorsque des montagnes élevées changées en or,
s’offrirent à lui pour le séduire;
avec quel dégoût il s’en détourna ».

Il était – que la Paix et le Salut soient sur lui – l’exemple parfait de celui qui cherchait la quête de l’au-delà et le renoncement à ce bas monde vers qui il ne se tournait même pas pour jouir de ses délices ou profiter de ses faveurs; en effet, il ne s’est jamais bâti un palais, il n’a jamais épargné de l’argent, il n’avait aucun trésor et aucun jardin dont il tirait bénéfice: il n’a pas laissé de jardins ou de champs, lui qui disait:

« Nous ne laissons rien en héritage;
tout ce que nous laissons est une aumône »
Rapporté par El-Bukhâri (3093, 3712) et Muslim (1754).

Il appelait avec ses paroles, ses actes et sa situation au renoncement en ce bas monde et à la préparation pour l’au-delà.

Lui qui était l’imâm des musulmans, le chef des croyants et le meilleur de tous les hommes, il habitait une maison faite en argile, il dormait sur une vieille natte et mangeait de simples dattes pour assouvir sa faim, et parfois se contentait du seul lait.

Bien plus, il lui a été donné le choix de devenir roi et prophète ou simple serviteur et prophète, et il a choisi d’être serviteur et prophète, se rassasiant un jour et ayant faim un autre jour, jusqu’à ce qu’il rencontre son Seigneur.

Parmi les preuves de son renoncement à ce bas monde, il y a sa générosité et sa libéralité, comme nous l’avons vu plus haut. En effet, il ne refusait jamais une chose à un pauvre et ne rejetait jamais celui qui lui demandait quelque chose; il disait que ce bas monde ne valait pas, aux yeux d’Allah  – Exalté soit-Il -, l’aile d’une moustique; il disait:

« Sois en ce bas monde comme un étranger ou un voyageur ».
Rapporté par El-Bukhâri (6416) d’après Ibn ‘Amer.

On rapporte qu’il a dit :

« Renonce à ce bas monde et Allah  – Exalté soit-Il –
t’aimera et renonce à ce que les gens possèdent et les gens t’aimeront».
Rapporté par Ibn Mâdja (4102) et Ettabarâni dans El-Kabîr (10522)
et El-Hâkem (7833) d’après Sahl Ibn Sâ’d Essa’ïdi.

Il a dit aussi:

« Qu’ai-je à voir avec ce bas monde ? Mon exemple et celui de ce bas monde est comme l’exemple d’un homme qui s’est assoupi à l’ombre d’un arbre puis s’est relevé et a continué sa route».Rapporté par Ahmed (3701, 4196), Ettermidhî (2377) et Ibn Mâdja (4109) d’après ‘Abdullah Ibn Mass’ûd.

II a dit également :

« Ce bas monde est maudit et tout ce qui s’y trouve est maudit, à l’exception de l’évocation d’Allah et de ceux qui le prennent comme allié et des savants ou de ce qui apprennent la science».Rapporté par Ettermidhï (2322) et Ibn Mâdja (4112) d’après Abî Huraïra.

II a dit de même :

« Tu n’as droit dans tes biens que ce que tu manges et tu consommes, ce dont tu t’habilles et tu uses et que ce que tu donnes en aumônes et que tu épargnes ».Rapporté par Mouslim ( 2958 ).

 

 

L’humble, le compatissant

Mohammed  L’humble

Il était étonnant en ce domaine; sa modestie était une modestie de celui qui a connu Son Seigneur par crainte révérentielle, qui ressent de la pudeur vis-à-vis de Lui et qui Le respecte comme Il mérite d’être respecté, qui connaît, aussi, l’insignifiance de la distinction, des biens et des titres; cela étant, son âme s’est dirigée vers Allah  et a émigré vers l’autre monde; rien de ce qui plaît aux habitants de cette terre, ne lui plaît, et il était devenu un véritable serviteur de son Seigneur; il faisait preuve de modestie avec les croyants, il s’arrêtait pour discuter avec une vieille, visitait le malade, faisait preuve de charité envers le pauvre, réconfortait les faibles, jouait avec les enfants, plaisantait avec ses épouses, discourait avec sa communauté; il s’asseyait par terre, dormait sur le sol, utilisait le sable comme matelas et la natte de joncs tressés comme oreiller. Il était satisfait de son Seigneur, et n’a jamais aspiré à une gloire, à un rang social ou politique, une prétention terrestre ou une revendication humaine; il parlait aux gens avec douceur, discutait avec l’étranger poliment, se familiarisait avec les gens et accueillait ses compagnons avec un visage souriant en disant:

 

« Je ne suis qu’un serviteur qui mange comme mange un serviteur et s’asseye comme s’asseye un serviteur ».

Rapporté par Ibn Abï ‘Açem

dans le Zuhd (I\6)

et Ibn Sa’d dans les Tabaqât (1/371).

Lorsqu’un homme le vit un jour et qu’il se mit à trembler à sa vue, il lui répondit:

«Calme-toi, je ne suis que le fils d’une femme qui mangeait de la viande séchée à la Mecque».

Rapporté par Ibn Mâdja (3312)

et El-Hâkem (4366) d’après Ibn Mass’ûd.

Voir El-Kâmel d’Ibn ‘Adiyy (6\286).

Il abhorrait les louanges et interdisait qu’on exagère dans le respect qui lui est dû; il disait:

 

« N’exagérez pas dans votre vénération à mon égard comme l’ont fait les chrétiens avec Jésus fils de Marie; je ne suis que le serviteur de Dieu et son Messager; dites: le serviteur de Dieu et son Messager ».

Rapporté par El-Bukhâri (3445) d’après Ibn ‘Abbâs.

 

 

Il interdisait, aussi, qu’on se levât pour lui et qu’on se mette debout derrière lui; il s’asseyait là où il trouvait de la place et se mêlait aux gens comme s’il faisait partie d’eux; il répondait aux invitations et disait:

 

« Si j’étais invité à un repas fait de pieds de moutons, je répondrais à l’invitation, et si on m’offrait un bouclier j’accepterai ».

Rapporté par El-Bukhâri (2568, 5178).

 

II aimait les pauvres et disait à ce sujet:

 

« Mon Dieu, fais-moi vivre pauvre et fais-moi mourir pauvre et ressuscite-moi parmi les pauvres ».

Rapporté par Ettermidhi (2352)

d’après Anas et Ibn Mâdja (4126)

et El-Hâkem (7911) d’après Abî Sa”id El-Khudhri.

 

Il interdisait l’orgueil, mettait en garde contre lui et flétrissait ceux qui en faisaient preuve en disant:

 

« Les orgueilleux seront ressuscités le Jour de la Résurrection sous la forme de petites fourmis et l’avilissement les entourera de tous côtés ».

Rapporté par Ahmed (6639) et Ettermidhî (2492).

Voit Kachf El-Khafâ (3236).

Il a rapporté, aussi, de la part de son Seigneur ceci:

 

 

« L’orgueil est Mon voile et la puissance Mon manteau; celui qui Me conteste l’un d’eux, Je le jette dans le feu ».

Rapporté par Muslim (2620) et Abû Dâoud (4090).

 

Il était – que la paix et le salut soient sur lui – aimé des coeurs et des âmes; la servante le prenait par la main et marchait avec lui dans la rue, il rendait visite à Umm Aymen alors qu’elle était esclave; et lorsque la délégation de ‘Amer Ibn Sa’sa’a le loua en lui disant: Tu es le meilleur d’entre nous et tu es notre maître et le fils de notre maître». Il leur répondit:

 

« O gens! Dites ce que vous pensez, vous-mêmes, et ne laissez pas le Diable vous suggérer quoi que ce soit ! ».

Rapporté par Ahmed (15876)

et Abû Dâoud (4806).

 

Bien plus, il s’est mis en colère lorsqu’un homme lui dit: «Ce que Dieu veut et ce que toi, tu veux». Et lui répondit:

 

«Malheur à toi! Tu m’as rendu l’égal de Dieu? Dis seulement: ce que Dieu veut.».

Rapporté par Ahmed (1842, 2557)

et Ennisâï dans les Sunen El-Kubra (10825)

d’après Ibn ‘Abbâs.

 

Il portait, lui-même, les provisions de sa famille, réparait ses chaussures, rapiéçait ses vêtements, balayait sa maison, faisait traire sa brebis, découpait la viande avec ses épouses, servait ses hôtes, plaisantait avec ses invités, demandait de leurs nouvelles, se relayait pour monter sa monture avec son compagnon, portait de la laine, mangeait de l’orge, et il lui arrivait peut-être même de marcher pieds nus, dormait dans la mosquée, montait sur son âne et des fois montait en croupe, il aidait le faible et demandait des nouvelles de l’escadron qui l’accompagnait en aidant ceux qui avaient besoin d’aide et en accompagnant celui qui était esseulé.

 

Qu’Allah lui accorde Ses bénédictions tant que les langues le mentionnent, que les escortes répandent ses nouvelles et que les djinns et les humains rapportent son récit.

 

Mohammed  le compatissant

 

Dans la mesure où il est le Messager d’Allah, il va de soi qu’il soit le plus compatissant des gens, le plus tolérant d’entre eux, le plus doux parmi eux et le plus agréable à fréquenter.

 

En effet, il retenait sa colère, pardonnait les erreurs et faisait preuve de clémence à l’égard de ceux qui commettaient des torts. II lui arrivait même de faire des concessions sur ses propres droits tant qu’il ne s’agissait pas des droits d’Allah ; il a bien pardonné à ceux qui lui ont fait du tort et l’ont chassé de sa terre natale, qui l’ont insulté, injurié et combattu; il leur a dit le jour de la conquête de la Mecque:

 

« Partez ! Vous êtes les affranchis »

Rapporté par Echafi’ï dans El-Umm (7\361),

Ettabarî dans son histoire (2\161)

et El-Bayhaqî dans les Sunen El-Kubra (18055).

Voir aussi Sahîh El-Djâmi’ (4815).

 

Il a pardonné à son cousin, Sufiâne Ibn El-Hâreth, le jour de cette conquête, lorsque celui-ci lui a dit: Par Allah, Allah t’a donné raison sur nous, et nous étions dans l’erreur!. II lui a répondu:

 

 

Pas de récrimination contre vous aujourd’hui ! Qu’Allah vous pardonne. C’est Lui Le plus Miséricordieux des miséricordieux.

Sourate 12 : Joseph (Yusuf) verset 92.

 

 

Les bédouins l’ont reçu avec rudesse et antipathie, mais il a pardonné et s’est montré tolérant en mettant en application le commandement de son Seigneur:

Pardonne-leur donc d’un beau pardon.

Sourate 15 : Al-Hijr verset 85.

 

Il ne répondait pas à tort par un autre tort, mais il pardonnait et faisait preuve de tolérance; il ne mettait jamais à exécution sa colère lorsqu’il s’agissait d’un fait qui le concernait et il ne se vengeait jamais pour sa personne; bien au contraire, lorsqu’il se mettait en colère, il devenait plus compatissant encore et il lui arrivait même de sourire à celui qui l’avait mis en colère; il avait donné un jour un conseil à un de ses compagnons en lui disant:

 

«Ne te mets pas en colère ! Ne te mets pas en colère ! »

Rapporté par El-Bukhâri (6116).

 

Il lui arrivait d’entendre des mots blessants sur sa personne, mais il ne cherchait nullement à connaître qui les avait dis et, même lorsqu’il le connaissait, il ne le blâmait ni ne le punissait; on rapporte de lui qu’il disait:

 

« Je ne veux pas que l’un de vous me rapporte ce qu’on dit de moi, car je veux rencontrer les gens et avoir le coeur sain ».

Rapporté par Ahmed (3750),

Abû Dâoud (4860) et Ettermidhî (3896)

d’après ‘Abdullah Ibn Mass’ûd.

 

Une fois, Ibn Mass’ud lui rapporta des propos proférés sur sa personne; son visage changea alors de couleur et il répondit:

 

« Que Dieu ait en Sa miséricorde Moïse; on lui a fait plus de tort encore, et il a fait preuve de patience ».

Rapporté par El-Bukhâri (3150, 3405) et Muslim (1062).

 

Ses ennemis lui ont fait du tort dans son message, sa réputation, son honneur et sa famille et, lorsqu’il parvint à les avoir à sa merci, il leur pardonna et fit preuve de clémence à leur égard. Il disait:

 

« Celui qui retient sa colère, Allah retiendra de lui Son châtiment».

Rapporté par Abû Ya’la (4338)

et El-Bayhaqî dans Echu’b (8311).

 

Un homme lui a dit un jour: « Sois juste ! ». Il lui a répondu :

 

« Tu seras perdu et désabusé si je n’étais pas juste ».

Rapporté par El-Bukhâri (3138)

et Muslim (1063) d’après Djâber Ibn ‘Abdullah.

 

Il ne l’a pas puni mais lui a pardonné. Une autre fois, ce furent des juifs qui le blessèrent avec des propos malveillants, mais il leur pardonna et fit preuve de tolérance à leur égard. Son noble caractère et sa tolérance ont contenu tous les êtres et sa compassion a fait éteindre le feu des animosités en se conformant à la parole de son Seigneur :

 

Repousse le mal par ce qui est meilleur. Nous savons très bien ce qu’ils décrivent.

Sourate 23 : Les croyants (Al-Muminune)

 

Il était aussi le plus compatissant des êtres avec sa famille; il plaisantait avec ses épouses, faisait preuve de douceur et de galanterie avec elles, leur pardonnait leurs erreurs et leurs écarts de langage, il entrait chez elles, souriant, et remplissait leurs demeures de bonheur et de douceur. Son serviteur Anas Ibn Mâlek a dit: J’ai servi le Messager d’Allah pendant dix ans et il ne m’a jamais dit d’une chose que j’ai faite, pourquoi tu as fait ceci ou d’une chose que je n’ai pas faite, pourquoi tu n’as pas fait cela ?. C’est là le plus haut niveau de la douceur et la finalité du bon caractère de même que le sommet de la beauté des dispositions naturelles et de la bonne compagnie; bien plus, tous ceux qui le fréquentaient, l’accompagnaient ou lui faisaient allégeance, goûtaient à sa douceur, à sa compassion et à sa tolérance d’une façon telle qu’ils ne pouvaient la décrire, jusqu’à ce que leurs coeurs s’attachèrent à lui et que leurs âmes l’aimèrent et penchèrent vers lui.

 

 


 

 

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